La bataille des IDEs
Une bataille après l’autre 😉: aujourd’hui, les IDEs.
Pour ceux qui ne sont pas familiers du terme, un IDE (Integrated Development Environment) est historiquement un éditeur de code. En d’autres termes, c’est l’environnement privilégié par les développeurs.
À l’heure du Vibe Coding, et alors que des plateformes comme Lovable, Bolt ou Base44 connaissent un succès grandissant, les IDEs devraient être en plein déclin me direz-vous ?
Au contraire ! Après avoir laissé le terrain libre à quelques pure players, les géants de la tech sont en train de s’emparer d’un marché devenu hautement stratégique.
Dans cet article, je vous présente les forces en présence, puis vous dévoile pourquoi le marché des IDEs est aujourd’hui si convoité.
EDIT : depuis la publication initiale de cet article, j’ai ajouté Kiro, l’IDE d’Amazon.
De JetBrains à VS Code
JetBrains a longtemps dominé le marché des IDEs professionnels, avec des outils puissants, payants, plébiscités par les développeurs.
En 2015, Microsoft crée la surprise en lançant VS Code : un éditeur gratuit, léger, multiplateforme. Le mouvement intrigue, puis prend tout son sens en 2018, lorsque Microsoft rachète GitHub, la plus grande base de code planétaire.
Cette manœuvre permettra à Microsoft d’être en position de force pour la sortie de GitHub Copilot en 2021, devenue le leader des solutions IA pour l’auto-complétion du code.
Cursor & Windsurf
À partir de 2023, une nouvelle génération d’IDE apparaît, cette fois pensés nativement pour l’IA : Cursor et Windsurf. Tous deux construits sur la base de VS Code, ils en conservent l’ergonomie familière tout en en détournant la finalité : l’éditeur n’est plus centré sur l’écriture, mais sur la collaboration avec un agent IA.
Alors que Cursor trace seul son chemin, Windsurf fait l’objet d’un dépeçage en règle en juillet 2025, successivement par OpenAI, Google et Cognition. L’heure des grands prédateurs a sonnée.

Kiro (Amazon)
C’est en novembre 2025 qu’Amazon officialise Kiro, un IDE résolument tourné vers l’IA agentique, en preview depuis le mois de juillet.
Amazon emprunte lui aussi VS Code à Microsoft, mais se démarque en y intégrant une approche dite Spec-Driven Development, consistant à privilégier le développement de solides spécifications, plutôt que de Vibe Coder au fil de l’eau.

Antigravity (Google)
Toujours en novembre 2025, Google entre à son tour dans l’arène avec Antigravity, annoncé en même temps que Gemini 3.
Toujours construit sur une base VS Code, il a toutefois un positionnement différent de ses prédécesseurs puisqu’il assume un positionnement multi-agents : l’IDE devient ainsi un environnement où plusieurs agents IA planifient, exécutent et modifient le code de façon largement autonome.
Ce choix reflète la vision de Google sur le long terme : des agents capables d’opérer à l’échelle de systèmes complexes, au-delà de la simple assistance. Antigravity n’est pas seulement un produit, c’est un laboratoire grandeur nature pour tester ce à quoi ressemble le développement logiciel quand l’IA devient l’acteur principal, et l’humain un superviseur.

Codex app (OpenAI)
Février 2026, OpenAI contre-attaque avec Codex app, encore en phase de test. Contrairement aux IDEs basés sur VS Code, Codex app ne cherche pas à être un éditeur universel : il se positionne comme un poste de pilotage pour agents IA, capables de travailler en parallèle sur une base de code, avec supervision humaine à chaque étape.
Face à Google, la rivalité est frontale mais les philosophies divergent. Antigravity mise sur l’ouverture : multi-modèles, fork de VS Code familier, compatibilité avec Claude et les modèles open-source. OpenAI choisit l’intégration verticale : son modèle, son app, son cloud, ses Skills. Deux visions du cockpit de demain.

Les enjeux
Le rôle des développeurs évolue, mais ce n’est pas la fin du code, et encore moins la fin des développeurs. Le code reste le langage de contrôle de l’IA. Les agents, les automatisations, les pipelines : tout repose sur du code.
L’IDE ne disparaît pas, il mute. Il devient le cockpit depuis lequel les techniciens orchestrent des flottes d’agents autonomes. Moins de lignes tapées, plus de supervision et d’architecture.
Et surtout, qui contrôle l’IDE contrôle le flux de données qui entraînera la prochaine génération de modèles. Microsoft l’a compris dès 2018 avec GitHub. Google et OpenAI rattrapent leur retard.