Le LMS du futur sera « invisible »

Le LMS du futur sera « invisible »

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761 505 Sébastien FRAYSSE

Si l’article précédent – « Le LMS étendu » – nous a permis d’aborder la logique d’écosystème digital, le concept de « LMS invisible » pousse cette approche à son paroxysme. Alors que certains prédisaient la fin du LMS, c’est en fait une transformation très profonde qui pourrait survenir dans les prochaines années. Un LMS bel et bien présent, apte à rendre de nombreux services, mais de manière plus discrète, « fondu » dans les différents contextes d’apprentissage.

Avant-propos

Rendons tout d’abord hommage à l’auteur du concept de « LMS invisible », Andy Wooler (Hitachi Data Systems), dont les anglophiles pourront consulter l’excellent article  « creating the invisible LMS ! »

Précisons également que le concept proposé trouvera probablement un éco plus fort dans le monde de la formation professionnelle, où les contextes d’apprentissage sont plus variés, et ont vocation à être mieux intégrés à l’environnement de travail du salarié.

Autre point important : quand on parle de LMS ici, on focalise sur le point de vue de l’apprenant, et non sur celui du gestionnaire de la formation. En d’autres termes, moins sur le « M » (Management) et plus sur le « L » (Learning), aspect longtemps négligé.

Notons enfin que le concept de « LMS invisible » s’inscrit dans un environnement digital présent autour de nous avec toujours plus d’ubiquité : sur notre PC, notre mobile, notre montre, dans notre voiture, sur nos Google Glasses ou notre Google Box, dans notre frigo, etc.

Un principe clé

On a potentiellement besoin de se former partout, et tout le temps. Alors pourquoi faudrait-il ouvrir un PC, puis un navigateur, entrer l’adresse d’un LMS, s’authentifier, chercher le cours qui nous intéresse, s’y inscrire, puis le contenu dont on a besoin au sein de ce cours, avant de pouvoir enfin le lancer ?

En tant qu’apprenant, l’accès au contenu dont j’ai besoin doit être immédiat ou presque, en fonction de mon contexte et de mes besoins. Alors pour éviter l’effet « tunnel » du LMS, tous les moyens sont bons : un simple lien « poussé » sur mon mobile, dans mes mails ou dans mes réseaux sociaux, un QR Code fixé sur un équipement, des liens directs depuis les applications que j’utilise, une sollicitation vocale de mon assistant personnel, etc.

Bref, quel que soit le moyen, le chemin le plus court est le meilleur. Et le chemin le plus court ne passe pas nécessairement par l’interface du LMS.

Le nouveau rôle du LMS

Pour qu’un tel scénario devienne possible, le LMS ne doit plus se contenter d’offrir une interface à ses utilisateurs. Il doit aussi exposer son catalogue de ressources aux applications qui l’entourent, et qu’utilise l’apprenant. Il doit les aider à filtrer intelligemment les contenus pour ne proposer que les plus pertinents, en fonction de l’apprenant, de son contexte, de ses besoins.

Le LMS s’adresse donc à ses utilisateurs (humains), mais aussi à son écosystème (logiciels). Bienvenue dans un monde d’APIs et de Services Web. Mais finalement, peu importe. Le LMS fait ce pour quoi il a été inventé. Il référence des ressources, il connait les apprenant (de mieux en mieux), et il assure le lien entre les deux, de la manière la plus pertinente possible.

Les conditions du succès

Outre la nécessaire évolution des LMS, d’autres facteurs sont essentiels pour assurer la réussite d’un tel scénario.

D’une part, il est évident qu’un utilisateur qui accède aux contenus depuis une multitude de contextes ne doit pas avoir à décliner son identité à chaque coin de rue. L’authentification doit donc être automatisée (SSO).

D’autre part, il est essentiel que les données permettant de mieux connaitre l’apprenant, son passé et ses attentes circulent de manière fluide d’une application à l’autre, xAPI devant jouer sur ce point un grand rôle.

Conclusion

J’ai essayé de démontrer au cours de ces 3 derniers articles qu’xAPI n’est pas juste un nouveau standard technique. C’est un standard qui accompagne les changements profonds du Digital Learning :

  • Aider le LMS à mieux gérer les données de suivi de l’apprentissage
  • Permettre le développement d’écosystèmes autour du LMS
  • Permettre au LMS de mieux servir les contextes d’apprentissage

Certains scénarios sont réalisables ici et maintenant. D’autres sont de l’ordre de la prospective, mais l’innovation n’attend pas…

 

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