Le LMS étendu : premiers pas vers un écosystème

Le LMS étendu : premiers pas vers un écosystème

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761 506 Sébastien FRAYSSE

La série d’articles sur les relations entre LMS et LRS continue avec pour ce deuxième épisode, une approche qui n’est pas nouvelle, mais qui pourrait bien prendre un nouvel essor grâce au standard xAPI. L’idée est assez simple : lorsqu’un LMS ne couvre pas certaines fonctions, ou ne le fait pas comme on le souhaite, il doit être possible d’étendre ses capacités par des applications externes. Ce sont alors les premiers pas vers la création d’un écosystème digital.

Les grands principes

Comme je l’ai expliqué dans l’épisode précédent, il est difficile de demander à un LMS de tout faire, et de le faire bien. Alors comment faire lorsque vous avez absolument besoin d’une fonction et qu’elle n’existe pas, ou qu’elle ne correspond pas à vos attentes ?

L’idée est de pouvoir étendre les fonctionnalités du LMS, mais sans modifier le LMS. En d’autres termes, il s’agit de développer ou d’utiliser des applications externes, qui devront s’intégrer avec le LMS.

Prenons un exemple concret. Imaginons que vous ayez besoin d’un outil de prise de rendez-vous pour pouvoir organiser des séances de coaching individuel avec vos apprenants. Votre LMS ne propose pas ce type de fonction. Pourquoi ne pas utiliser Doodle qui est un « must » en la matière ?

Autre exemple, vous avez besoin d’un outil d’enquête satisfaction. Votre LMS en propose bien un, mais trop complexe, ou au look un peu trop, disons… vintage. Vous repérez un super outil d’enquête en ligne, simple et moderne.

Bien sûr, l’idéal serait que vos utilisateurs puissent passer du LMS aux applications externes en un clin d’œil, sans avoir à s’identifier à chaque fois. Et puis dans le cas de l’enquête, vous aimeriez bien que votre LMS soit informé des résultats, histoire d’archiver tout ça. Cela suppose donc une forme d’intégration.

L’expérience LTI

Tout ce dont je vous parle là a déjà été conceptualisé il y a des années, et a même fait l’objet d’un standard nommé IMS LTI (Learning Tools Interoperability).

En quelques mots, LTI gère deux notions : accéder à une application externe depuis votre LMS sans avoir à se réauthentifier, et remonter les résultats de l’activité externe vers le LMS. Ça tombe bien, c’est exactement ce que l’on souhaite pour nos 2 exemples.

Dans la pratique, LTI a été adopté de manière assez variable. Ses principaux succès concernent le monde de l’éducation. Rien d’étonnant dès lors de voir des LMS comme Moodle, Blackboard ou Canvas supporter ce standard. Du coté des LMS orientés formation professionnelle en revanche, son succès est plus mitigé.

L’intérêt d’xAPI

LTI a le grand mérite de résoudre des problèmes concrets et d’être aujourd’hui opérationnel. Pourtant, si on analyse les choses dans une perspective de gestion des données de suivi, on constate quelques faiblesses.

En effet, avec le modèle LTI, les données de suivi de la formation se retrouvent dispersées. D’un côté, le LMS récupère les données de suivi « macro » (par exemple une note attribuée dans le cadre de l’enquête satisfaction), alors que les applications externes conservent les données détaillées (par exemple les réponses fournies par l’apprenant lors de l’enquête satisfaction).

On aboutit ainsi à la multiplication de ce que l’on appelle des « silos de données », c’est à dire des bases de données dissociées, fermées, non standardisées. Finalement, toujours du seul point de vue de la gestion des données, cette solution est pire qu’un LMS qui conserverait toutes les traces dans sa base propriétaire.

Et c’est là qu’xAPI a un rôle à jouer. Imaginons maintenant que, tout comme le LMS, chaque application externe déverse ses données dans un LRS centralisé. On obtient alors le meilleur des 2 mondes : la flexibilité d’un écosystème et une gestion unifiée des données de suivi.

Conclusion

Les retours d’expérience du standard LTI sont intéressants car ils valident l’idée qu’une solution Digital Learning peut être bâtie sur un écosystème d’applications, et non sur le seul LMS. Avec LTI, le LMS reste au centre de cet écosystème. C’est le chef d’orchestre, le point de passage obligé, autour duquel gravitent diverses applications satellites.

Mais la principale difficulté dans une approche de type écosystème est la qualité d’intégration des applications qui le composent. Cette difficulté explique sans doute que les LMS « tout-en-un » connaissent toujours un grand succès, en particulier dans le monde de la formation professionnelle.

Finalement, xAPI est peut-être la brique qui manquait à LTI pour proposer une intégration vraiment homogène :

  • LTI fluidifie la navigation entre les applications d’un écosystème.
  • xAPI permet d’unifier les données de suivi de cet écosystème.

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