Le LRS, nouveau compagnon du LMS

Le LRS, nouveau compagnon du LMS

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761 506 Sébastien FRAYSSE

Voici le premier article d’une série de 3, dont le but est d’explorer les relations naissantes entre LMS et LRS. C’est aussi l’occasion d’évoquer l’évolution des solutions LMS, influencées par la montée en puissance des données en formation. Dans ce premier épisode, attachons-nous aux atouts du binôme LMS-LRS.

Pérenniser les données

Depuis la nuit des temps (digitaux), les plateformes LMS enregistrent des données qu’elles conservent et protègent jalousement au sein de leurs bases. A priori rien d’anormal à ça, jusqu’au jour où certaines décisions venues d’en haut font naître un vent de panique.

Changeons de LMS ! Le nôtre ne fait plus l’affaire. J’ai vu la démo de *****, c’est génial. Allez hop, on bascule avant la fin de l’année.

Le chantier commence. On configure le nouvel LMS, on migre les programmes, les contenus (ouf, c’est du SCORM), puis les utilisateurs. Pour l’historique, c’est une autre affaire. Les données ne suivent pas, donc par souci de simplification, on fait RESET. On rouvre une page vierge.

Mais toutes les organisations ne peuvent pas se permettre perdre leurs données historiques, le plus souvent pour des raisons administratives ou règlementaires. De plus, si l’on considère les données comme une source d’information stratégique, alors c’est une vraie fuite de capital digital dont il faut parler.

Le LRS utilisé comme une « boite noire » apporte une réponse astucieuse. Il permet de stocker et de préserver les données indépendamment du LMS. Il pérennise ainsi le capital digital, indépendamment des outils qui ont permis de le produire.

Protection des données personnelles (GDPR)

Non seulement le LRS utilisé comme une simple « boite noire » permet de protéger les données issues de votre LMS, mais il permet aussi de les transférer de manière simple et automatique vers n’importe quel autre système conforme à xAPI.

Ça ne vous rappelle rien ? C’est une des contraintes posées par la nouvelle loi sur la protection des données personnelles (GDPR) applicable dès mai 2018 : la portabilité des données personnelles !

Ajoutons à cela une transparence accrue puisqu’avec un LRS, il est possible d’une simple requête de lister et de présenter l’ensemble des données liées à un individu qui en ferait la demande.

Le LRS ne serait donc finalement pas le serviteur de Big Brother, comme certains ont pu le craindre, mais au contraire un gage de transparence et de liberté comparé aux systèmes fermés, non standardisés.

In fine, ce sont toujours les processus humains qui permettent d’apporter des garanties dans ce domaine, mais le LRS ouvre une voie technique pour les éditeurs et usagers qui souhaitent mettre en conformité leur LMS.

Reporting et analyses

Tout LMS digne de ce nom offre aujourd’hui un certain niveau de reporting. Ça fait partie de ses missions. Tout comme le fait d’assurer la diffusion des contenus e-Learning, mais aussi la gestion du Blended Learning, du Social Learning, du Mobile Learning, du Gaming, du Micro-Learning, voire de l’Adaptive Learning.

Bref, on demande aujourd’hui au LMS d’assurer une très large gamme de fonctions. Bien sûr, disposer d’un large éventail fonctionnel au sein d’un seul et même outil a quelque chose de confortable. Mais il est rare qu’un système fasse tout, et le fasse bien. Le reporting et les analyses de données n’échappent pas à cette règle.

Dès lors, il n’est pas rare de voir des LMS couplés à des systèmes de BI (Business Intelligence), taillés pour effectuer tous types d’analyses. Reste qu’un système de BI, s’il peut être fort utile, n’a rien de spécifique à la formation, et risque donc de passer à côté de certaines spécificités de la formation.

Et si le LRS était tout simplement l’outil de BI de la formation ? Un outil de Learning Intelligence (LI) ? Ce qui est sûr, c’est que face aux exigences grandissantes d’analyse de données, un outil dédié est pleinement justifié en complément du LMS.

Priorités et responsabilités

Un outil dédié à l’analyse des données est souhaitable d’un point de vue fonctionnel, mais aussi d’un point de vue technique. Pour essayer de résumer cela simplement, je dirais que d’un point de vue informatique, la tendance est de confier à chaque système une responsabilité bien précise.

Faire de l’analyse des données n’est pas une tâche anodine. Cela implique des capacités de stockage, mais aussi de traitement, donc des ressources serveur dont l’usage n’est pas toujours planifiable.

De son côté, la priorité d’un LMS est d’assurer la disponibilité des formations, à tout moment. C’est une mission relativement critique car une dégradation du service est directement ressentie par les usagers, qui peuvent se décourager, conduisant à une augmentation du taux d’abandon.

On comprend donc qu’ici aussi, on a intérêt à dissocier les rôles et à confier des responsabilités claires à chaque système : au LMS d’assurer la disponibilité des formations, au LRS d’assurer l’analyse des données.

Contenus xAPI

Le dernier argument en faveur d’une complémentarité entre LMS et LRS est sans doute le plus intéressant. xAPI permet d’innover sur 2 aspects liés aux contenus pédagogiques.

D’une part, les contenus classiques peuvent être tracés de manière plus détaillée. C’est le cas par exemple des vidéos, dont on peut détecter les mises en pause ou retours en arrière. D’autre part xAPI ouvre la voix à de nouvelles formes de contenus, intégrant des interactions jusqu’ici impossibles avec SCORM. C’est par exemple le cas des interactions sociales au cœur des contenus.

Dans un cas comme dans l’autre, les contenus xAPI discutent directement avec un LRS, et non avec le LMS. Le couple LMS+LRS est donc obligatoire pour mettre en œuvre ces stratégies.

Conclusion

On le voit, les raisons d’adopter un LRS en complément du LMS ne manquent pas. Elles sont liées à la fois à des stratégies de gestion des données personnelles, à des choix d’architecture fonctionnelle et technique, mais aussi à une volonté d’innover en pédagogie.

 

Sébastien FRAYSSE

xAPI, Trax LRS, Learning Analytics, Moodle, Laravel

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6 commentaires
  • Merci vos articles sont vraiment éclairants et accessibles.

    • Bonjour Sébastien … 2 petites remarques tout de même. En terme de RGPD on est loin d’avoir dans le LRS l’ensemble exhaustif des données personnelles d’un utilisateur. Un LRS contient beaucoup de données liées a la consommation de contenus pédagogiques … il manque d’autres données personnelles qui d’ailleurs n’on pas de sens dans le LRS. Autre remarque, je pense qu’un LRS tout comme un LMS est une des sources de données d’un outils de BI pour ceux qui souhaitent réellement faire de l’analyse de données. Je n’ai pas encore vu de LRS qui propose la même puissance d’analyse que les outils de BI dédié.

      Merci pour ton article.
      PH

      • Merci à tous pour ces retours.

        @PH, tout à fait d’accord sur ta première remarque. On ne parle ici que des données liées au suivi de la formation, et parmi elles, celles qui sont enregistrées dans le LRS (potentiellement l’ensemble du suivi à terme, et pas seulement issu des contenus).

        Ta seconde remarque me plait aussi beaucoup car l’articulation LRS/BI est un vrai sujet. Sans développer ici, voici un lien sur le sujet (in english) : https://goo.gl/RHgnL3

  • Bonjour Sébastien
    Merci pour ces informations précieuses !

  • Bonjour Sébastien,
    Article très intéressant

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Sébastien FRAYSSE

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