xAPI (Experience API) : 10 concepts à connaitre absolument

Après une première publication destinée à présenter les principaux impacts d’Experience API sur notre manière d’envisager la formation (10 bonnes raisons de s’intéresser à xAPI), je vous propose de rentrer dans le concret avec xAPI : 10 concepts à connaitre absolument.

Ces concepts sont les ingrédients de base avec lesquels nous devons nous familiariser avant de pouvoir concevoir de nouvelles solutions pédagogiques grâce à xAPI.

xAPI (Experience API) : 10 concepts à connaitre absolument

10 bonnes raisons de s’intéresser à xAPI (Experience API)

Experience API (Tin Can) a moins d’un an d’existence et l’intérêt pour ce nouveau standard semble croître de mois en mois.

Une première mise à jour de la spécification a été publiée fin 2013 et les efforts se concentrent à présent sur le développement de tests de conformité. De leur coté, plusieurs éditeurs notables (dont Adobe, Articulate et Lectora) ont commencé à adopter xAPI.

J’ai pour ma part expérimenté ce standard pendant plus de 6 mois en développant plusieurs prototypes. Mon retour d’expérience est plutôt positif, même si des zones d’ombrent restent à préciser. J’ai donc voulu partager les résultats de ce travail en ouvrant le site experience-api.fr.

Vous y trouverez dans les semaines à venir une série de publications courtes, ainsi que de nombreuses démonstrations.

Première publication : « Pourquoi faut-il s’intéresser à xAPI ? 10 nouveautés qui vont tout changer ! »

10 bonnes raisons de s’intéresser à xAPI (Experience API)

Vos formations SCORM

A ce jour et encore pour quelques temps, SCORM reste le seul moyen efficace de tracer vos formations e-Learning. Difficile donc de faire l’impasse !

Depuis 2008, j’assure vos formations SCORM et continuerai à le faire en respectant quelques règles d’or :

  • Former tous les acteurs concernés, en premier lieu les concepteurs, auteurs et chefs de projet. Une formation adaptée leur est proposée, axée sur les enjeux et les possibilités pédagogiques, et non sur la technique.
  • Ne pas utiliser SCORM n’importe comment : nous avons le recul nécessaire pour adopter les bons usages et bâtir une stratégie payante. SCORM ne doit pas être vécu comme une contrainte, mais comme un atout pour piloter vos formations.
  • Ménager l’avenir en préparant une transition en douceur vers le futur remplaçant de SCORM : xAPI (Tin Can).

Les programmes que je propose vont de 1 à 4 jours. Ils sont établis sur mesure après un entretien préliminaire. Ils s’appuient sur des 10aines d’exemples et exercices.

Vos formations SCORM

Comment tester vos contenus SCORM ?

Si vous développez des contenus SCORM, vous devez bien sûr vous assurer de leur bon fonctionnement avant livraison et déploiement. Idéalement, vous disposez vous-même d’un accès à la plateforme ciblée, ce qui vous permet d’effectuer vos tests. Mais ce n’est pas toujours le cas.

Quels outils sont alors à votre disposition ? Il y a bien sûr les outils de qualification fournis par ADL mais ils ne sont plus maintenus et à plusieurs égards obsolètes (versions de navigateurs, de Java, etc.).

Heureusement, il existe une plateforme gratuite certifiée SCORM 1.2 et 2004 (la seule), disposant de plusieurs fonctions de test extrêmement pratiques : il s’agit du LMS ILIAS.

Celui-ci permet en effet :

  • La vérification de conformité des packages SCORM que vous importez
  • L’exécution des contenus dans un environnement LMS conforme
  • Le support du séquencement et de la navigation (SCORM 2004) 
  • Le suivi des échanges entre contenu et LMS grâce à une fonction de débogage

Pour en savoir plus : ilias.de.

Comment tester vos contenus SCORM ?

Utiliser SCORM en ménageant l’avenir

Le standard xAPI (Experience API, aussi connu sous le nom de Tin Can) est annoncé comme le successeur de SCORM. Il est donc légitime de se demander s’il faut continuer à utiliser SCORM. Pour l’instant, la réponse est oui car l’adoption d’xAPI n’en est qu’à ses balbutiements. En dehors de cas très spécifiques, vous devez donc continuer à utiliser SCORM, à condition toutefois de prendre quelques précautions…

En effet, SCORM peut être utilisé de bien des manières. Certains usages ont fait leurs preuves, d’autres restent marginaux. Les créateurs d’xAPI ont tenu compte de ce retour d’expérience et la transition de SCORM vers xAPI sera d’autant plus facile que vous aurez conscience de ces tendances.

Paradoxalement, les pratiques à éviter pour faciliter la transition vers xAPI sont celles promues par la version la plus récente de SCORM : SCORM 2004. Il s’agit de la création de parcours constitués de grains très fins, dont l’enchaînement peut être contrôlé par les mécanismes de « séquencement et navigation ».

En effet, l’affichage et le contrôle de tels parcours revient au LMS. Les parcours ainsi développés ne peuvent donc être joués que par votre LMS, ce qui constitue une forte contradiction philosophique avec l’approche d’xAPI qui privilégie l’indépendance entre contenus et LMS. Mieux vaut donc regrouper vos grains fins en grains plus vastes, disposant de leur propre système de navigation interne. Ils gagneront en autonomie.

Bien sûr, on pourra regretter une perte de finesse dans le suivi, puisque le LMS trace la complétion et le temps passé grain par grain. Demandez-vous alors si une telle finesse de suivi est réellement nécessaire, et si oui, souvenez-vous que SCORM offre la possibilité de suivre se qui se passe à l’intérieur d’un grain (utilisation des « objectifs »).

Si vous utilisez des outils de Rapid Learning pour développer vos contenus, la question ne se pose pas puisque ces outils optent généralement pour ce type d’approche, qualifiée de « parcours mono-grain » (mono-SCO pour les techniciens).

Fini donc les grains ultra fins organisés et séquencés par des parcours SCORM. Respectez donc cette règle et la transition vers xAPI en sera facilitée le temps venu…

Utiliser SCORM en ménageant l’avenir

« SCORM Lite », une utilisation « intelligente » de SCORM

Vous le savez surement, SCORM définit certaines règles mais laisse par ailleurs beaucoup de libertés de mise en œuvre. Par exemple, chaque LMS propose ses propres paramétrages, sa propre interface de navigation, ainsi que ses propres rapports de suivi. De la même manière, chaque projet e-Learning a potentiellement ses propres besoins liés à SCORM : paramétrages particuliers et suivi personnalisé notamment.

Dès lors, comment satisfaire aux besoins d’un projet lorsque l’on utilise une plateforme qui a elle aussi ses partis pris ? Réponse : le plus souvent, on ne le fait pas. On bride nos projets pour qu’ils soient réalisables avec la plateforme ciblée. Se faisant, on s’impose les contraintes d’un standard sans bénéficier de ses atouts !

C’est pour éviter ce genre d’écueil qu’a été développé le projet « SCORM Lite », à l’initiative de l’ENAC, rejoint plus tard par Mines ParisTech. En fait, deux projets au départ dissociés mais liés par un même désir : tirer le meilleur parti de SCORM sur une même plateforme : Moodle.

Le lecteur SCORM de Moodle a pour cela dû être écarté car trop rigide et non adapté. Un nouveau lecteur SCORM a été développé, plus simple, plus léger et disposant par ailleurs d’une capacité essentielle : pouvoir être décliné et personnalisé pour chaque projet.

Résultat : un nouveau plugin baptisé « SCORM Lite » qui constitue une base technique à partir de laquelle peuvent être développées des activités SCORM spécifiques : Assessment Path pour l’ENAC, Topaze pour Mines Paritech. Chacune de ces deux activités a été modelée pour répondre à des besoins propres, un reporting dédié notamment.

Plus d’informations sur scormlite.com

« SCORM Lite », une utilisation « intelligente » de SCORM

Faut-il toujours se conformer à SCORM ?

Alors que certains regards se tournent vers xAPI (TinCan), annoncé comme le successeur de SCORM, et d’autres vers les MOOCs, souvent perçus comme l’avenir du e-Learning, j’entends de plus en plus fréquemment la question : faut-il toujours se conformer à SCORM ? Tentons d’y répondre en envisageant les alternatives…

Alternative n° 1 : oublier les standards

La tentation est grande d’imaginer se passer des standards e-Learning, SCORM en tête. Principales motivations invoquées : c’est compliqué, contraignant et on ne voit pas trop ce que cela peut nous amener, l’essentiel étant de diffuser du contenu sous toutes ses formes.

Rappelons que SCORM reste aujourd’hui le seul moyen de tracer efficacement l’exploitation des contenus e-Learning et que cette traçabilité est essentielle, tant pour l’accompagnement des apprenants que pour l’évaluation de la qualité du dispositif pédagogique.

Si ces 2 aspects ne vous intéressent pas et que vous considérez que votre rôle est de pousser des contenus sans vous préoccuper de ce qu’ils deviennent, alors vous pouvez oublier SCORM.

Alternative n°2 : passer directement à xAPI (TinCan)

Il est légitime de se poser cette question afin de ne pas risquer d’investir à perte dans un standard en fin de vie.

Rassurez-vous, SCORM n’est pas encore en fin de vie. Ca viendra, mais chaque chose en son temps. xAPI reste un standard en construction dont l’adoption reste complexe et lente. Pour le moment, xAPI peut être vu comme un complément innovant, mais pas comme le remplaçant de SCORM.

Par conséquent, en dehors de besoins spécifiques non couverts par SCORM, vous pouvez continuer à utiliser SCORM. Des solutions de migration automatique pourront d’ailleurs être imaginées le temps venu.

Conclusion

SCORM reste plus que jamais d’actualité. Continuez à l’imposer dans vos cahiers des charges. Mais attention : précisez votre intention et définissez les contours de son application. En d’autres termes, faites en un usage ciblé et « intelligent ».

Faut-il toujours se conformer à SCORM ?

xAPI (Experience API) : la course est-elle lancée ?

Il y a 2 mois, ADL annonçait en grande pompe la sortie officielle de la version 1.0 de xAPI (ou Experience API, anciennement Tin Can), le résultat d’un cheminement long et sinueux. Et pourtant, un chemin tout aussi long reste à parcourir avant que xAPI connaisse (ou pas) un franc succès. L’annonce d’ADL n’est que le point de départ d’une nouvelle aventure dans laquelle vous serez sans doute impliqué, d’une manière ou d’une autre.

Afin de vous donner une idée de ce qui vous attend, je souhaitais mettre ici en perspective quelques événements et tendances qui devraient marquer les prochains mois et prochaines années.

Du coté des standards…

AICC CMI-5

L’AICC publiera dans les prochains mois une spécification nommée CMI-5, qui repose en très grande partie sur xAPI. Pourquoi ? Parce que xAPI ne dit pas comment continuer à faire ce que l’on faisait avec SCORM, c’est-à-dire diffuser des contenus sur un LMS qui est chargé de tracer l’activité pédagogique. CMI-5 précisera donc les modalités d’application de xAPI dans le contexte « traditionnel » des plateformes LMS.

TLA (Training & Learning Architecture)

On le sait peu, mais xAPI n’est en fait qu’une pièce du puzzle que prépare ADL. Rappelons que xAPI se concentre sur le suivi des expériences pédagogiques. De même que SCORM recouvrait d’autres notions comme le packaging et les métadonnées, ADL pose un cadre plus large autour de xAPI nommé TLA, traitant de l’accès aux contenus, du profilage des apprenants et du lien avec les compétences.

[info]Il est clair que xAPI n’est que la première brique d’un ensemble de spécifications dont les contours restent à préciser avant de pouvoir poser un regard global sur les standards de demain.[/info]

Du coté des éditeurs…

Les précurseurs

Ceux-là sont déjà sur le coup ! Avant même la sortie de la version 1.0, ils annonçaient l’implémentation de xAPI. Ils s’appellent Articulate, Lectora, Docebo, eFront, Litmos, etc. xAPI leur fournit une occasion de se démarquer et de communiquer. Alors bien sûr, la mise en œuvre relève souvent plus de l’expérimentation que d’une solution aboutie. Mais à force d’expérimenter, ces éditeurs pourraient bien prendre une longueur d’avance sur leurs concurrents…

Les suiveurs

On trouve là le gros des troupes, nourries d’une certaine prudence que certains qualifieront de sagesse. L’expérience SCORM 2004, qui a demandé de gros efforts pour des résultats très discutables, est encore dans les esprits. Alors pourquoi ne pas laisser les autres essuyer les plâtres d’un standard non abouti ?

[info]Qui du lièvre ou de la tortue l’emportera ? Bien malin celui qui peut répondre à cette question. Ce qui est sûr, c’est que les annonces d’éditeurs vont se succéder et qu’il faudra savoir lire entre les lignes…[/info]

Du coté des maîtres d’ouvrage…

Là aussi, on devrait trouver des précurseurs et des suiveurs. A ceci prêt que pour le département formation d’une entreprise ou pour un centre de formation, il est difficile de jouer les précurseurs si les outils ne suivent pas. On devrait donc assister à un attentisme forcé, le temps que les outils auteurs et plateformes LMS proposent des solutions sérieuses.

[info]Il est donc urgent d’attendre me direz-vous ? Et pourtant… C’est le moment d’y penser ![/info]

Quand j’écris « penser », je pèse mes mots car on dehors de cas très spécifiques, il n’est à ce jour pas raisonnable d’exiger une conformité xAPI dans un cahier des charges e-Learning. En revanche, le délai nécessaire à l’adoption généralisée de xAPI offre aux maîtres d’ouvrage une opportunité inespérée : réfléchir dès aujourd’hui aux usages et échanger avec leurs partenaires technologiques – éditeurs de plateformes en tête – pour une mise en œuvre concertée et appliquée de ce nouveau standard.

xAPI (Experience API) : la course est-elle lancée ?

AICC et SCORM répondent-ils aux besoins de vos tests en-ligne ?

Lorsque vous réalisez des tests en-ligne, vous pouvez opter pour un développement conforme aux standards AICC et SCORM (de nombreux outils le permettent) ou bien utiliser les fonctions intégrées de votre plateforme. Ce choix a des conséquences sur le reporting, la sécurité et la pérennité de vos tests…

Suivi basique

Si vos tests ne nécessitent pas un reporting poussé et qu’un score général vous suffit, alors AICC et SCORM devraient vous satisfaire.

La plupart des outils de développement de test le permettent et tous les LMS conformes savent rendre compte d’un score.

Suivi statistique

Si vous souhaitez établir des statistiques sur les réponses aux questions de vos tests (ex. « Pourcentage de bonnes réponses pour une question, tous utilisateurs confondus »), les choses se compliquent.

AICC et SCORM ont prévu cette possibilité en traçant les réponses fournies par les utilisateurs, question par question (on parle d' »interactions » dans le jargon SCORM). Reste à trouver des outils de développement de test qui remontent ces informations au LMS (il y en a). Mais il faut aussi que votre LMS propose ce genre de rapport, ce qui est loin d’être une généralité.

Suivi tuteuré

Si le but de votre reporting est de permettre un meilleur suivi des apprenants (ex. « Voir ce que tel élève a répondu »), alors on commence à toucher aux limites d’AICC et SCORM.

En effet, si AICC et SCORM ont prévu un suivi des réponses fournies par l’apprenant, ils ont fait l’impasse sur la visualisation des résultats, considérant à tord que cela incombait exclusivement au LMS.

Exemple #1 : QCM

Voici le rapport d’un simple QCM, tel qu’il est affiché par la plupart des LMS. L’information est bien présente, mais il faut bien reconnaître qu’elle est difficile à exploiter par un tuteur. Les énoncés et les intitulés des réponses n’apparaissent pas. Certes, SCORM 2004 a amélioré cet aspect mais le résultat n’est toujours pas à la hauteur.

Exemple #2 : questions interactives

Imaginons maintenant un type de question consistant à localiser des points sur une image par simples clics (ex. « Localiser les principales villes sur une carte de France sur une carte »). Le LMS enregistre les coordonnées (X,Y) cliquées par l’apprenant et les indique dans ses rapports. Mais là encore, afficher des paires de valeurs X,Y n’est pas vraiment utile à un tuteur. Une image indiquant les positions cliquées aurait été appréciées, ce que ne permet pas SCORM.

Examens

Si vos tests ont pour but de sanctionner les apprenants (cas des examens), alors il faut savoir une chose. Les tests AICC et SCORM qui s’exécutent dans votre navigateur transmettent au LMS non seulement les réponses fournies par l’élève, mais aussi les bonnes réponses à chaque question.

Un apprenant mal intentionné, qui aurait quelques capacités informatiques et qui agirait sans surveillance, pourrait ainsi découvrir les bonnes réponses. AICC et SCORM ne constituent ainsi pas une solution sécurisée pour vos examens.

Alternatives

La première alternative consiste à utiliser les fonctions d’évaluation de votre LMS (ou de toute autre plateforme spécialisée dans les tests), à condition bien sûr qu’elles répondent à vos besoins fonctionnels et qu’elles permettent de générer des rapports explicites.

Se pose alors la question de la pérennité de vos tests en cas de changement de plateforme. Une solution théorique consiste à respecter le standard « IMS Questions & Tests (QTI) ». Je dis théorique car dans la pratique, un test QTI issu d’une plateforme n’a pas nécessairement le même rendu sur une autre plateforme.

Conclusion

AICC et SCORM répondent-ils aux besoins de vos tests en ligne ?

Réponse : ça dépend…

  • Suivi basique : OUI
  • Suivi statistique : OUI (mais attention aux outils et au LMS)
  • Suivi tuteuré : NON (lacunes de restitution des réponses)
  • Examens : NON (lacunes de sécurité)
AICC et SCORM répondent-ils aux besoins de vos tests en-ligne ?