SCORM 2004 : quel bilan après 8 ans d’existence ?

8 ans déjà depuis la dernière mouture du principal standard e-Learning ! Certes,  il y a eu quelques évolutions mineures (4 éditions) mais rien de révolutionnaire depuis. Cela a laissé le temps aux éditeurs et producteurs de se familiariser avec SCORM 2004 et d’en définir les usages réels. Petit bilan…

Les bons cotés

SCORM 2004 a eu le mérite de clarifier certains aspects de son prédécesseur, SCORM 1.2.

L’exemple le plus connu est la gestion du « statut ». Avec SCORM 1.2, un seul « statut » permettait de renseigner la « complétion » d’un module (« Non commencé », « En cours », « Terminé ») et sa « réussite » (« Réussi » ou « Echoué »). SCORM 2004 permet de distinguer ces 2 notions et autorise donc des combinaisons. Ainsi, un test peut être réussi (score suffisant) bien que non achevé (peut-être par manque de temps).

A noter également l’ajout d’une notion de progression sous forme de pourcentage, l’adoption des méta-données LOM (un standard de l’IEEE) et diverses corrections de syntaxe.

Une adoption longue et incomplète !

A ces clarifications s’ajoutent de nouvelles fonctionnalités. Ainsi, la notion de pré-requis de SCORM 1.2 (issue de l’AICC) est remplacée par un système de « Séquencement & Navigation » (S&N).

Un système complexe, trop complexe, et obligatoire pour qu’un LMS puisse affirmer être conforme à SCORM 2004 !

Cette complexité a découragé plus d’un éditeur. Certains annoncent être conformes alors qu’ils ne le sont que partiellement. D’autres, plus méritants, ont travaillé dur pour se conformer, mais leurs efforts ne se voient pas récompensés car les usages ne suivent pas.

Des usages trop théoriques

Le système de « Séquencement & Navigation » permet au producteur de contenu d’imaginer des schémas de progression au sein d’un parcours, en fonction de divers événements (ex. résultats d’un test, actions de l’utilisateur, etc.). Ces schémas, formalisés dans un document XML, sont interprétés par le LMS qui gère les IHM de navigation ainsi que la logique de progression dans le parcours.

En théorie donc, il s’agit d’un projet ambitieux…

Un retour à la réalité

En pratique, ce système pose de nombreuses difficultés :

  • Un manque d’outils simples à utiliser, car aucun outil n’est parvenu à gommer la complexité des concepts sous-jacents à S&N.
  • Un mélange des rôles : en confiant la gestion des IHM de navigation au LMS, on nie une prérogative des auteurs de contenus, soucieux d’offrir leurs propres IHM et d’en contrôler l’ergonomie.
  • Une erreur pédagogique : en considérant que le concepteur imagine les réactions de l’apprenant et fixe les règles de progression, on nie la diversité des situations et la capacité de l’apprenant à s’orienter par lui-même. Orienter l’utilisateur vaut mieux que le contraindre.
  • Une erreur conceptuelle : en considérant que les parcours pédagogiques ne sont qu’une succession de contenus, on oublie les autres types d’activités, notamment collaboratives. L’heure est au « Blended Learning » et les éditeurs de LMS l’ont bien compris.

Conclusion

SCORM 2004 : quel bilan après 8 ans d’existence ?

SCORM 2004 est sous-exploité. Lorsque SCORM 1.2 ne lui est pas préféré, ce sont les fonctions qui existaient déjà dans SCORM 1.2 qui sont principalement utilisées. A tel point qu’ADL (l’organisme qui a développé SCORM) a convenu de la mise au placard des fonctions de séquencement dans les prochaines versions de SCORM.

Pour être un brin provocateur, je résumerais donc les choses ainsi :

Ce qu’il y a de mieux dans SCORM 2004, c’est SCORM 1.2 !

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