Peut-on se passer des standards AICC et SCORM ?

Bien que souvent décriés, AICC et SCORM se sont imposés dans le paysage du e-Learning en devenant une exigence clé dans la plupart des cahiers des charges. Cette omniprésence est-elle devenue un simple réflexe ou bien est-elle justifiée ? Regard pragmatique sur une pratique généralisée…

Un chiffre clé : 40 000

Il existe plus de 200 plateformes (LMS) sur marché et tout autant d’outils auteur. Si vous débutez en e-Learning, vous avez donc plus de « 200 x 200 = 40 000 » combinaisons possibles entre LMS et outil auteur. L’embarras du choix !

Le premier rôle des standards, c’est de faire en sorte que ces 40 000 combinaisons fonctionnent. En d’autres termes, garantir la compatibilité (on dit l’ « interopérabilité ») entre plateformes et contenus e-Learning.

Interopérabilité + Traçabilité

Pourquoi est-ce si compliqué de devoir garantir cette interopérabilité ? Il existe déjà des standards comme HTML, reconnus par tous les environnements Web. Toutes les plateformes modernes permettent d’importer un fichier ZIP et de désigner une page HTML de lancement.

Certes, mais les standards du e-Learning doivent garantir autre chose : la traçabilité de l’activité pédagogique. Cela impose au contenu d’échanger des informations avec le LMS (progression, temps passé, score, etc.) et ce mécanisme d’échange doit être standardisé.

Traçer, d’accord, mais pour quoi faire ?

Tracer parce qu’on vous l’impose

Si votre domaine d’activité est soumis à des règlementations strictes, vous devez peut-être fournir la preuve que les apprenants ont bien suivi l’intégralité du programme et ce pendant la durée légale impartie. C’est le cas dans de nombreux secteurs industriels sensibles : aéronautique, santé, énergie, etc.

A l’heure actuelle, AICC et SCORM sont les seuls standards reconnus à permettre à la fois traçabilité et interopérabilité des contenus e-Learning.

Tracer par souci d’efficacité

Si tel est votre objectif, il vous honore ! Vous voulez suivre ce que font vos apprenants pour mieux les accompagner ? Vous souhaitez mesurer l’efficacité de vos contenus e-Learning ?

AICC et SCORM peuvent être vos alliés, mais à plusieurs conditions : formuler clairement ce que vous attendez, vous assurer que les contenus vont bien transmettre les données nécessaires au LMS, et que le LMS va bien les traduire sous forme de rapports exploitables.

Sans cela, AICC et SCORM risquent de vous être complètement inutiles.

Evaluer plutôt que tracer

Savoir combien de temps les apprenants ont passé sur les contenus ne vous intéresse pas, pas plus que de savoir s’ils ont tout vu ou pas. Pour vous, seuls les résultats comptent. Votre méthode est simple : si cela est nécessaire, vous évaluez l’apprenant oralement ou grâce à des tests en ligne. Et dans certains cas, c’est l’apprenant qui est son propre juge.

Vous pouvez oublier AICC et SCORM pour la majeure partie de vos contenus e-Learning. Seuls les tests en ligne peuvent éventuellement être concernés.

Exception à ce qui précède : certains contenus fortement scénarisés peuvent nécessiter l’enregistrement et la restitution d’un « état » au fil des sessions afin de rendre l’expérience pédagogique cohérente. AICC et SCORM permettent ça.  

Autres arguments

Les standards AICC et SCORM mettent en avant d’autres arguments que la traçabilité : structuration de parcours, réutilisation des contenus, etc. Dans la majorité des cas, je considère que ces arguments ne justifient pas à eux seuls une utilisation des standards actuels. Je m’en explique dans une série d’articles…

Conclusion

Peut-on se passer des standards AICC et SCORM ?

3 situations distinctes qui amènent des réponses différentes :

  • Contexte règlementaire : NON (difficilement)
  • Recherche d’efficacité pédagogique : OUI et NON
  • Traçabilité non requise : OUI

Peut-on se passer des standards AICC et SCORM ?

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