Le Rapid Learning vu comme une technique de production

Beaucoup a été dit sur le terme “Rapid Learning”. Certains le perçoivent comme une technique de production, d’autres l’envisagent comme un style pédagogique. Essayons donc de redécouvrir le sens de ce terme ambigu, en commençant par l’aspect le moins polémique : le Rapid Learning vu comme une technique de production.

Souvenez vous…

01A l’origine, le terme Rapid Learning a été largement popularisé par la société Macromedia, lors de la sortie de son produit “Breeze”, devenu aujourd’hui Adobe Presenter.

Tout comme d’autres produits (e.g. Articulate, iSpring…), le principe est de s’appuyer de manière pragmatique sur l’outil de création de contenu le plus populaire au monde – Microsoft PowerPoint – en offrant un plugin permettant d’enrichir les présentations avec du son, des quiz, des médias, puis de les convertir au format Flash, tout en se conformant aux standards e-Learning en vigueur (SCORM et AICC).

Résultat : tout individu maîtrisant PowerPoint ou disposant de présentations PowerPoint existantes peut créer des contenus e-Learning sans compétence informatique particulière, en un minimum de temps, donc à moindre coût. C’est ce postulat qui a fait le succès du Rapid Learning.

Aujourd’hui, quels outils de Rapid Learning ?

Surfant sur les premiers succès du Rapid Learning, de nombreux éditeurs se sont appropriés le terme pour qualifier des outils de production non intégrés à PowerPoint (Adobe Captivate en tête), en mettant en avant leur simplicité d’utilisation. A tel point qu’aujourd’hui presque tous les éditeurs qualifient leurs solutions de Rapid Learning, ce qui fait perdre tout sens au concept d’origine.

Pour avoir une image complète des outils du marché, je renverrais simplement à quelques ressources sur le sujet :

Ce travail de référencement est excellent et cohérent avec le discours des éditeurs. De plus, il a le mérite de classer et cartographier la plupart des solutions de création de contenu du marché.

Toutefois, je cite Adrien:

“Ces produits sont très variables en prix et complexité d’approche. On passe de petits logiciels à la prise en main très rapide à des plateformes de création pour équipes de production.”

Tout n’est que Rapid Learning ?

S’il est vrai que les outils de création de contenus ont dans leur ensemble progressé vers plus de simplicité, il faudrait remettre en perspective les critères qui définissaient le terme Rapid Learning à son origine. Je citerais donc :

  • La rapidité de prise en main – La courbe d’apprentissage d’un outil de création varie de quelques heures sans formation, à plusieurs semaines après formation. Dans l’esprit, l’utilisateur principal du Rapid Learning est supposé être un spécialiste métier, non un informaticien ou un professionnel du e-Learning. La rapidité de prise en main doit être optimale.
  • Les temps de production (et la richesse des contenus)– En Rapid Learning, le facteur économique est roi. Si un tourne-page enrichi peut faire l’affaire pour certains types de contenus et certaines étapes d’une formation, c’est du Rapid Learning. Les contenus plus riches, plus longs et plus chers à produire ne sont pas du Rapid Learning.
  • Le coût des logiciels – Entre un “enrichisseur PowerPoint” et un atelier, le coût peut être multiplié par 10 pour chaque licence. Là encore, dans l’esprit, le Rapid Learning est supposé répondre à des exigences économiques fortes et permettre de démocratiser l’accès à la production de contenu. Le coût des licences est donc un élément essentiel.
  • La migration d’un existant PowerPoint – PowerPoint reste très populaire et ses dernières versions (2007+) en font un outil de création puissant et simple d’utilisation. Hors, si de nombreux outils dits de Rapid Learning proposent une fonction d’importation PowerPoint, les résultats sont très disparates (non respects des effets, des animations, des interactions, des polices…).

En conclusion

Bien entendu, en l’absence de glossaire e-Learning universel et normalisé, chacun peut adapter la définition du terme Rapid Learning et se l’approprier.

En ce qui me concerne, je l’utilise en me plaçant du point de vue de celui qui conçoit une stratégie e-Learning, et non du point de vue marketing des éditeurs. Sous cet angle, je prends en compte les profils et compétences des utilisateurs, la richesse des contenus, les processus de production, les aspects économiques et les problématiques de migration d’un existant.

De ce point de vue, le Rapid Learning peut-être clairement défini et différentié d’une approche e-Learning classique. Et lorsque l’heure du choix des outils arrive, toutes les solutions de création de contenu ne se valent pas.

Références

Le Rapid Learning vu comme une technique de production

2 réflexions sur “Le Rapid Learning vu comme une technique de production

    1. Sébastien FRAYSSE dit :

      En effet, le lien vers la carte interactive n’est plus bon. Apparemment, la ressource a été supprimée par son auteur. Je n’ai pas trouvé d’autres liens brisés…

Les commentaires sont fermés.