Granularité des contenus : quelles sont les bonnes pratiques ?

Les standards du e-Learning proposent tous de découper les contenus en « grains » réutilisables et de les agréger au sein de structures pédagogiques plus ou moins complexes. Reste alors à définir la nature des grains et la manière de les agréger. En la matière, les pratiques varient.

Cas #1 : approche « mono-grain »

Le package (fichier ZIP) que vous importez dans la plateforme contient un seul grain, souvent d’une durée conséquente (ex. 30 minutes). C’est l’approche proposée par de nombreux outils auteurs, notamment les outils de Rapid Learning.

C’est l’approche qui a le plus de succès !

Et pour cause…

  • C’est la plus simple à mettre en œuvre.
  • La navigation à l’intérieur du grain est gérée par le contenu, donc sous contrôle de l’auteur.
  • Pour agréger les grains afin de constituer un parcours plus large, on utilise les fonctions du LMS.
  • Les mises à jour sont simplifiées puisqu’en remplaçant un grain, on met à jour une part importante de contenu.

Cas #2 : approche « multi-grains »

Le package que vous importez dans la plateforme contient plusieurs grains de taille modérée, souvent d’une durée comprise entre 5 et 20 minutes. Un parcours pédagogique est inclus au package pour relier les grains de manière plus ou moins complexe.

L’intérêt de cette approche dépend des qualités de votre LMS. Si celui-ci sait décomposer un package pour gérer les contenus grain par grain, alors foncez. Sinon, attention…

Avantages :

  • L’auteur peut concevoir le parcours pédagogique en dehors du LMS et le réutiliser sur plusieurs LMS.
  • Si le LMS sait décomposer un package, c’est le moyen le plus rapide de constituer un catalogue de grains réutilisables ou de recomposer les parcours importés (voir l’article « Réutilisation des contenus : mythe ou réalité ? »).
  • Les mises à jours peuvent être ciblées si le LMS permet le remplacement grain par grain.

Inconvénients :

  • C’est le LMS qui gère la navigation entre grains. Attention à l’ergonomie !
  • La taille des packages tend parfois à gonfler, ce qui rend leur dépôt sur la plateforme plus laborieux.

Cas #3 : approche « multi-grains » très fins

Le package que vous importez dans la plateforme contient une multitude de grains de taille très faible taille (ex. 1 grain = 1 page HTML). Cette approche est souvent choisie pour assurer une traçabilité très fine de la progression des apprenants (grain par grain). Certains outils auteur permettent cette pratique.

Si en théorie rien ne l’interdit, c’est une fausse bonne idée !

En procédant ainsi :

  • La navigation au sein du contenu est gérée presque exclusivement par le LMS, ce qui est rarement un avantage en termes d’ergonomie.
  • Les performances sont dégradées puisqu’à chaque changement de grain, il y a une série d’échanges avec le LMS, ce qui prend un certain temps et surcharge vos serveurs.
  • La question de la finesse du suivi peut se résoudre autrement (voir l’article  « Modules e-Learning : comment obtenir un reporting utile ? »)

Conclusion

Granularité des contenus : quelles sont les bonnes pratiques ?

  • Comme souvent, les pratiques les plus simples sont les plus utilisées : ici l’approche « mono-grain ».
  • L’approche « multi-grains » ne manque pourtant pas d’intérêt mais elle souffre de la pauvreté fonctionnelle de certains LMS en termes de gestion de contenus standardisés.
  • L’approche « multi-grains » très fins me semble à éviter.

Une preuve s’il en fallait une qu’en matière de standardisation, il y a un gouffre entre théorie et pratique.

Granularité des contenus : quelles sont les bonnes pratiques ?

6 réflexions sur “Granularité des contenus : quelles sont les bonnes pratiques ?

  1. Dominique Moraux dit :

    Je comprends bien les freins que vous mettez en avant pour une approche « multi-grains » très fins.
    C’est vrai dans le cadre d’un parcours de formation bien structuré et qui nécessite un suivi.

    Par contre, la majorité des internautes n’ont pas besoin d’une formation complète et structurée dans leur vie de tous les jours, mais ont besoin d’une réponse immédiate, ciblée et personnalisée pour les aider lorsqu’ils rencontrent une difficulté quelle qu’elle soit.

    Dans ce cas, l’idéal serait de leur proposer un choix de grains liés à leur besoin et de leur permettre de les sélectionner pour se constituer leur propre parcours, sur mesure.
    Évidemment, ce ne serait pas avec les outils e-learning tels qu’on les conçoit aujourd’hui, mais plutôt avec des outils beaucoup plus simples d’utilisation et accessibles, dans le genre Pearltrees.
    Ici, bien sûr on sort complètement des standards du e-learning tels que SCORM.
    D’après moi, c’est là que se situe l’avenir et il s’agit d’un créneau pas encore exploité (du moins à ma connaissance).

    1. Dominique,
      Je suis complètement d’accord avec votre analyse. En dehors des chemins balisés (parcours structurés), on trouve de plus en plus des approches « à la demande », « juste à temps », avec grains assez fins (5-10 minutes). On parle aussi de micro-learning. Les meilleurs ami de l’homme dans ce cas sont les moteurs de recherche, les fonctions de bookmarking (social), de partage, bref, tout ce qui permet d’identifier, collecter et organiser ses propres ressources. Si ces contenus sont en plus accessibles en mobilité, c’est encore mieux.

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