SCORM en 10 questions

Pour de nombreux professionnels du e-Learning, SCORM reste un standard aux contours très flous, parfois une source d’inquiétude, souvent une source d’incompréhension. Je vais donc tenter d’éclaircir les idées et de dédramatiser ce standard en répondant à 10 questions courantes.

N’hésitez pas à poser vos propres questions dans les commentaires de cet article.

Pourquoi devrais-je m’intéresser à SCORM ?

SCORM est un standard qui a connu un très large succès dans l’industrie du e-Learning depuis 1999 avec une courbe d’adoption croissante tout au long des années 2000. A ce jour, plusieurs centaines d’outils l’ont adopté, plateformes LMS et outils auteurs compris.

SCORM assure une forme de « compatibilité » entre contenus pédagogiques et plateformes LMS. En utilisant SCORM, vous pouvez créer des contenus indépendamment de tout LMS. Vous pouvez ainsi utiliser les outils et techniques de votre choix, puis diffuser vos productions vers la (ou les) plateforme(s) LMS de votre choix.

En utilisant SCORM, vous assurez également la pérennité de vos contenus en vous prémunissant d’un éventuel changement de plateforme LMS. Il ne s’agit pas d’une situation exceptionnelle. Je vois fréquemment des clients changer de LMS après 3 ou 5 ans de bons et loyaux services.

Quelque soit votre motivation, gardez à l’esprit que la production et la maintenance des contenus pédagogiques représentent de loin la plus grosse part des dépenses dans une solution e-Learning.

Outre la compatibilité entre plateforme LMS et contenus, SCORM permet de suivre la consultation des contenus par les apprenants et favorise la réutilisation des contenus au sein de plusieurs parcours pédagogiques.

SCORM est-il un standard obsolète ?

Les dernières évolutions de SCORM datent de 2009. Les auteurs de SCORM ont décidé de stopper son développement pour se concentrer sur la création d’un nouveau standard nommé Experience API (ou xAPI, ou TinCan). xAPI doit palier aux limites de SCORM et ouvrir de nouvelles perspectives dans les années à venir. Sa première version a été officialisée en 2013.

Il faut toutefois garder à l’esprit que l’adoption d’un nouveau standard est un processus long. Plusieurs années sont nécessaires pour recueillir des retours d’expérience et accéder à un bon niveau de maturité. S’en suit une courbe d’adoption plus ou moins rapide par les éditeurs du marché.

Dans l’attente, SCORM reste un standard opérationnel qui comporte certaines limites, mais apporte des solutions satisfaisantes dans la plupart des situations courantes. SCORM restera donc un standard très largement utilisé dans les années à venir.

Notons par ailleurs que des solutions de migration de SCORM vers xAPI seront envisageables en temps voulu. SCORM n’est donc pas nécessairement un mauvais investissement en 2015.

Peut-on se passer d’un standard comme SCORM ?

Imaginons que vous ne souhaitiez pas adopter un standard comme SCORM (ou xAPI). Quelles sont alors les solutions pour produire des contenus ?

Scénario 1Des contenus indépendants du LMS – Vous pouvez tout d’abord utiliser des outils et formats indépendants de votre plateforme LMS : produire des documents PDF, développer des contenus HTML5 (etc.) puis les importer dans votre LMS. La plupart des plateformes le permettent. Mais alors aucun suivi précis des apprenants ne sera possible. Vous pourrez savoir quand et combien de fois ces contenus ont été ouverts, mais pas ce que l’apprenant en a fait précisément.

Scénario 2Des contenus développés avec votre LMS – Vous pouvez utiliser une plateforme LMS « tout-en-un », gérant à la fois la production des contenus et leur diffusion. Ce type de solution présente l’intérêt d’offrir des outils de production accessibles et de faire disparaitre la barrière entre contenus et plateforme. Vous devrez en revanche vous satisfaire de fonctions d’édition généralement limitées et admettre que vous deveniez très dépendant de votre plateforme LMS.

Si dans le cadre de votre projet, un de ces 2 scénarios vous semble acceptable, alors SCORM n’est pas un impératif.

Jusqu’où puis-je aller dans le suivi des apprenants avec SCORM ?

SCORM offre plusieurs niveaux de suivi des apprenants. Précisons avant toute chose que SCORM a été conçu pour suivre la consultation de contenus et évaluations. Le suivi d’activités collaboratives est hors sujet. La plupart des plateformes LMS le permettent en dehors du cadre de SCORM.

SCORM offre un premier niveau de suivi basique : temps passé par l’apprenant, complétude (l’apprenant a-t-il vu toutes les portions significatives du contenu ?) et éventuellement un score si le contenu inclut une évaluation.

SCORM offre un suivi avancé des évaluations permettant de récolter les réponses fournies pour chaque question d’un test, le temps mis pour répondre, la correction, une pondération, etc. 10 types de questions-réponses sont prédéfinis par SCORM, incluant des questions à correction automatique (ex. QCM, association, etc.) ainsi que des questions ouvertes (saisie de texte, appréciation).

SCORM offre un suivi avancé des objectifs pédagogiques. Un objectif est généralement associé à une thématique dont on veut s’assurer qu’elle soit bien étudiée et/ou assimilée.

A titre d’exemple, certains outils auteurs permettent la création de Quiz en constituant des groupes de questions par thématique. On peut alors suivre précisément chaque question du Quiz, mais aussi faire des statistiques sur chaque thématique.

La liste n’est pas exhaustive. SCORM offre d’autres fonctions (ex. la gestion des commentaires) que je n’aborderai pas ici car très marginales.

Précisons également qu’un outil se déclarant conforme à SCORM n’exploite pas nécessairement toutes les possibilités de SCORM. Il vous faudra donc vous assurer qu’ils répondent correctement à vos besoins.

SCORM favorise-t-il vraiment la réutilisation des contenus ?

SCORM permet de constituer des parcours pédagogiques en agrégeant des portions de contenus dites « réutilisables », que l’on appelle généralement des « grains ». En ce sens, SCORM fixe certaines règles et capacités qui favorisent la réutilisation.

Dans la pratique, cela dépend grandement des capacités de votre LMS, mais aussi de bonnes pratiques que vous devez mettre en place pour votre projet.

Exemple – Admettons que pour favoriser la réutilisation de contenus, vous décidiez de constituer une base de « grains », indexés avec des mots clés, afin qu’un auteur puisse rechercher les contenus qui l’intéressent et les utiliser dans ses propres parcours pédagogiques. SCORM fournit plusieurs outils, dont la définition de méta-données. La plupart des LMS conformes à SCORM permettent la gestion de ces méta-données. Il vous reste cependant à définir la manière dont vous allez les utiliser, puis à prendre soin de les renseigner dans toutes vos productions.

En résumé, SCORM fournit des règles et capacités qui favorisent la réutilisation de contenus, mais cette promesse restera lettre morte si vous ne développez pas les bonnes pratiques qui vont avec.

Comment puis-je créer des contenus SCORM ?

Vous avez 2 grandes options : utiliser un outil auteur ou développer vous-même vos contenus par programmation.

Il existe de nombreux outils auteurs respectant SCORM. Les plus simples se présentent sous la forme de plugins PowerPoint. Ils permettent un enrichissement de vos présentations puis une publication aux formats Flash et/ou HTML5, en conformité avec SCORM. Les plus connus sont Adobe Presenter, Articulate Presenter et iSpring Presenter. Aucune formation n’est nécessaire pour prendre en main ces outils. Quelques heures d’auto-apprentissage suffisent.

Pour aller plus loin, vous pouvez utiliser des outils plus complets comme Adobe Captivate, Articulate Storyline et QuizMaker, la suite e-Doceo, Inovae Publisher ou encore Lectora. La liste n’est pas exhaustive, mais ces exemples sont des références sur le marché et sont réputés fiables concernant SCORM. Ils sont aussi plus complexes que les produits de type « Presenter ». Une formation est donc recommandée.

[Edit: contribution] Enfin, si vous devez gérer de grandes quantités de contenus et industrialiser vos productions, vous pouvez opter pour une chaîne éditoriale ou un LCMS. Ces plateformes favorisent la production en masse, l’édition collaborative et la réutilisation des contenus. L’intégration avec le LMS est aussi parfois facilitée.

Si vous disposez de compétences techniques dans votre équipe (HTML5, Javascript, etc.), vous pouvez faire le choix de développer vous-même vos contenus, sans outil auteur. C’est le meilleur moyen d’obtenir exactement ce que vous souhaitez : contenus très spécifiques, scénarios pédagogiques complexes, Serious Games, etc. Bien sûr, il vous faudra développer vos propres outils et méthodes afin de structurer rigoureusement votre chaine de production. Des compétences techniques avancées sont pour cela nécessaires, de même qu’une maitrise approfondie de SCORM.

En résumé, des plus simples aux plus complexes, les solutions ne manquent pas. Il vous faudra toutefois veiller à choisir des méthodes et outils adaptés à vos objectifs et à vos compétences.

SCORM bride-t-il la créativité des concepteurs ?

SCORM n’est pas un standard intrusif puisqu’il considère les contenus comme des boites noires à l’intérieur desquelles l’auteur est libre de faire ce qu’il veut, en utilisant les technologies qu’il souhaite (ou presque).

La principale contrainte qu’impose SCORM est d’utiliser des technologies Web client (HTML + Javascript au minimum). On peut librement y ajouter des technologies faisant appel à des plugins spécifiques (Flash, 3D, réalité augmentée, etc.) ou au contraire choisir de respecter le format HTML5.

D’un point de vue scénaristique, l’auteur fait ce qu’il veut : contenu documentaire figé, scénarios interactifs, jeux de rôles, Serious Games 3D immersifs, etc.

Reste alors à définir ce que l’on veut tracer et comment le faire. Il s’agit d’un travail collaboratif entre concepteur et responsable technique. Le concepteur définit le besoin. Le technicien définit la manière d’y parvenir.

Bien sûr, si vous n’utilisez pas d’outil auteur, une bonne connaissance de SCORM est nécessaire. Mais il ne s’agit pas de demander aux concepteurs de devenir des experts en SCORM ! Ils doivent simplement acquérir les notions essentielles pour savoir ce qu’il est possible de faire. Pour les techniciens, des connaissances techniques approfondies sont nécessaires.

Quelle plateforme LMS utiliser pour diffuser des contenus SCORM ?

Aujourd’hui, la plupart des plateformes LMS annoncent une conformité SCORM. Mais s’agit-il d’effets d’annonces ?

Bonne nouvelle : après des débuts assez chaotiques, les éditeurs ont fourni de réels efforts durant ces 10 dernières années afin d’offrir un support relativement solide de SCORM. Une règle s’impose : les éditeurs les plus fiables sont souvent ceux qui ont la plus longue expérience avec SCORM. Mais bien sûr, à toute règle ses exceptions…

Seconde bonne nouvelle : les éditeurs français (et voisins proches) se distinguent face à leurs concurrents américains. En effet, vous y trouverez des fonctionnalités plus poussées, par exemple la recomposition de parcours SCORM souvent absente des LMS outre-Atlantique.

Dans tous les cas, soyez extrêmement vigilant au moment de choisir votre plateforme LMS. Commencez par définir votre besoin… Quels types de contenus souhaitez-vous diffuser ? Comment vont-ils être produits ? Quel niveau de suivi souhaitez-vous mettre en place ? Idéalement, vous demanderez des démonstrations avec des contenus de test que vous aurez préparé au préalable.

SCORM est-il une contrainte ou un gage de liberté ?

Je serais tenté de répondre à cette question par une métaphore : le code de la route fixe des règles collectives qui nous permettent de conduire tous ensembles dans une relative sécurité. Ces règles sont le prix à payer pour pouvoir être libres de nous déplacer.

SCORM fixe aussi des règles. Mais celles-ci vous permettent en contrepartie de produire des contenus avec les outils de votre choix, puis de les diffuser sur les plateformes de votre choix.

En résumé, pour un certain nombre de projets, les bénéfices apportés sont supérieurs aux contraintes. C’est du moins ce que semble en penser la grande communauté du e-Learning qui a plébiscité ce standard pendant une 15aine d’années, fait assez rare dans le monde très changeant du Web.

Il ne s’agit bien sûr pas d’adopter une position dogmatique. SCORM ne répond pas à tous les besoins et tous les projets ne nécessitent pas l’adoption de SCORM qui n’est qu’un « outil » parmi d’autres à utiliser à bon escient. La plupart des LMS conformes à SCORM proposent d’ailleurs des alternatives pour créer ou intégrer des contenus. Il est donc tout à fait possible de n’utiliser SCORM que pour certains contenus de votre projet.

Quelles sont les limites de SCORM ?

Voici quelques limites évidentes de SCORM.

Limite #1 – Les contenus SCORM doivent être joués dans un navigateur. Cela peut poser problème si l’on souhaite par exemple déployer un Serious Game immersif sous forme d’application de bureau. Un autre cas critique est l’utilisation d’Apps sur mobile.

Limite #2 – Une connexion Web doit être active durant toute la consultation du contenu SCORM. Cela restreint les modes de déploiement, notamment pour les populations nomades qui ne disposent pas toujours d’une connexion Web active. Notons que de nombreux LMS proposent un mode déconnecté basé sur SCORM pour palier à ce problème.

Limite #3 – SCORM se limite à tracer la consultation de contenus. A l’heure du Blended Learning et du Social Learning, on peut attendre d’un standard qu’il aille plus loin en prenant en charge les aspects collaboratifs par exemple.

Limite #4 – SCORM se concentre sur le suivi d’activités individuelles et ne permet pas de rendre compte d’activités collectives. On pourrait par exemple imaginer vouloir suivre une mission en binôme dans un Serious Game.

Limite #5 – SCORM enregistre des informations de suivi assez simples. Il n’est par exemple pas possible d’enregistrer des médias, comme une captation vidéo de travaux pratiques.

On le voit bien, SCORM est perfectible. C’est pourquoi ses auteurs (ADL) ont décidé de développer un nouveau standard (Experience API ou xAPI ou TinCan) capable de combler toutes ces lacunes. Mais ce sera l’objet d’un autre article : « xAPI en 10 questions ».

SCORM en 10 questions

360Learning tente de justifier sa non-conformité SCORM

Introduction

360Learning vient de publier un livre blanc intitulé « Les LMS SCORM : prison invisible de l’entreprise digitale ? ». Après une lecture attentive de ce document, je me sens obligé de réagir sur ce blog, au moins pour 2 raisons :

  • A en croire le nombre de contre-sens relevées, l’auteur de ce livre blanc semble avoir une connaissance très limitée de SCORM, ce qui est dommageable pour le lecteur qui est tout simplement trompé par simple intérêt commercial. De la part d’un professionnel du e-Learning, je trouve que l’on frôle le défaut de conseil.
  • Ce livre blanc critique les LMS conformes à SCORM en dénigrant un standard que 360Learning n’a pas pris la peine de mettre en oeuvre. 360Learning est bien sûr libre de ses choix stratégiques, mais en utilisant de faux-arguments, cette démarche me semble déloyale d’un point de vue concurrentiel.

Lire la suite « 360Learning tente de justifier sa non-conformité SCORM »

360Learning tente de justifier sa non-conformité SCORM

Vos formations SCORM

A ce jour et encore pour quelques temps, SCORM reste le seul moyen efficace de tracer vos formations e-Learning. Difficile donc de faire l’impasse !

Depuis 2008, j’assure vos formations SCORM et continuerai à le faire en respectant quelques règles d’or :

  • Former tous les acteurs concernés, en premier lieu les concepteurs, auteurs et chefs de projet. Une formation adaptée leur est proposée, axée sur les enjeux et les possibilités pédagogiques, et non sur la technique.
  • Ne pas utiliser SCORM n’importe comment : nous avons le recul nécessaire pour adopter les bons usages et bâtir une stratégie payante. SCORM ne doit pas être vécu comme une contrainte, mais comme un atout pour piloter vos formations.
  • Ménager l’avenir en préparant une transition en douceur vers le futur remplaçant de SCORM : xAPI (Tin Can).

Les programmes que je propose vont de 1 à 4 jours. Ils sont établis sur mesure après un entretien préliminaire. Ils s’appuient sur des 10aines d’exemples et exercices.

Vos formations SCORM

Comment tester vos contenus SCORM ?

Si vous développez des contenus SCORM, vous devez bien sûr vous assurer de leur bon fonctionnement avant livraison et déploiement. Idéalement, vous disposez vous-même d’un accès à la plateforme ciblée, ce qui vous permet d’effectuer vos tests. Mais ce n’est pas toujours le cas.

Quels outils sont alors à votre disposition ? Il y a bien sûr les outils de qualification fournis par ADL mais ils ne sont plus maintenus et à plusieurs égards obsolètes (versions de navigateurs, de Java, etc.).

Heureusement, il existe une plateforme gratuite certifiée SCORM 1.2 et 2004 (la seule), disposant de plusieurs fonctions de test extrêmement pratiques : il s’agit du LMS ILIAS.

Celui-ci permet en effet :

  • La vérification de conformité des packages SCORM que vous importez
  • L’exécution des contenus dans un environnement LMS conforme
  • Le support du séquencement et de la navigation (SCORM 2004) 
  • Le suivi des échanges entre contenu et LMS grâce à une fonction de débogage

Pour en savoir plus : ilias.de.

Comment tester vos contenus SCORM ?

Utiliser SCORM en ménageant l’avenir

Le standard xAPI (Experience API, aussi connu sous le nom de Tin Can) est annoncé comme le successeur de SCORM. Il est donc légitime de se demander s’il faut continuer à utiliser SCORM. Pour l’instant, la réponse est oui car l’adoption d’xAPI n’en est qu’à ses balbutiements. En dehors de cas très spécifiques, vous devez donc continuer à utiliser SCORM, à condition toutefois de prendre quelques précautions…

En effet, SCORM peut être utilisé de bien des manières. Certains usages ont fait leurs preuves, d’autres restent marginaux. Les créateurs d’xAPI ont tenu compte de ce retour d’expérience et la transition de SCORM vers xAPI sera d’autant plus facile que vous aurez conscience de ces tendances.

Paradoxalement, les pratiques à éviter pour faciliter la transition vers xAPI sont celles promues par la version la plus récente de SCORM : SCORM 2004. Il s’agit de la création de parcours constitués de grains très fins, dont l’enchaînement peut être contrôlé par les mécanismes de « séquencement et navigation ».

En effet, l’affichage et le contrôle de tels parcours revient au LMS. Les parcours ainsi développés ne peuvent donc être joués que par votre LMS, ce qui constitue une forte contradiction philosophique avec l’approche d’xAPI qui privilégie l’indépendance entre contenus et LMS. Mieux vaut donc regrouper vos grains fins en grains plus vastes, disposant de leur propre système de navigation interne. Ils gagneront en autonomie.

Bien sûr, on pourra regretter une perte de finesse dans le suivi, puisque le LMS trace la complétion et le temps passé grain par grain. Demandez-vous alors si une telle finesse de suivi est réellement nécessaire, et si oui, souvenez-vous que SCORM offre la possibilité de suivre se qui se passe à l’intérieur d’un grain (utilisation des « objectifs »).

Si vous utilisez des outils de Rapid Learning pour développer vos contenus, la question ne se pose pas puisque ces outils optent généralement pour ce type d’approche, qualifiée de « parcours mono-grain » (mono-SCO pour les techniciens).

Fini donc les grains ultra fins organisés et séquencés par des parcours SCORM. Respectez donc cette règle et la transition vers xAPI en sera facilitée le temps venu…

Utiliser SCORM en ménageant l’avenir

« SCORM Lite », une utilisation « intelligente » de SCORM

Vous le savez surement, SCORM définit certaines règles mais laisse par ailleurs beaucoup de libertés de mise en œuvre. Par exemple, chaque LMS propose ses propres paramétrages, sa propre interface de navigation, ainsi que ses propres rapports de suivi. De la même manière, chaque projet e-Learning a potentiellement ses propres besoins liés à SCORM : paramétrages particuliers et suivi personnalisé notamment.

Dès lors, comment satisfaire aux besoins d’un projet lorsque l’on utilise une plateforme qui a elle aussi ses partis pris ? Réponse : le plus souvent, on ne le fait pas. On bride nos projets pour qu’ils soient réalisables avec la plateforme ciblée. Se faisant, on s’impose les contraintes d’un standard sans bénéficier de ses atouts !

C’est pour éviter ce genre d’écueil qu’a été développé le projet « SCORM Lite », à l’initiative de l’ENAC, rejoint plus tard par Mines ParisTech. En fait, deux projets au départ dissociés mais liés par un même désir : tirer le meilleur parti de SCORM sur une même plateforme : Moodle.

Le lecteur SCORM de Moodle a pour cela dû être écarté car trop rigide et non adapté. Un nouveau lecteur SCORM a été développé, plus simple, plus léger et disposant par ailleurs d’une capacité essentielle : pouvoir être décliné et personnalisé pour chaque projet.

Résultat : un nouveau plugin baptisé « SCORM Lite » qui constitue une base technique à partir de laquelle peuvent être développées des activités SCORM spécifiques : Assessment Path pour l’ENAC, Topaze pour Mines Paritech. Chacune de ces deux activités a été modelée pour répondre à des besoins propres, un reporting dédié notamment.

Plus d’informations sur scormlite.com

« SCORM Lite », une utilisation « intelligente » de SCORM

Faut-il toujours se conformer à SCORM ?

Alors que certains regards se tournent vers xAPI (TinCan), annoncé comme le successeur de SCORM, et d’autres vers les MOOCs, souvent perçus comme l’avenir du e-Learning, j’entends de plus en plus fréquemment la question : faut-il toujours se conformer à SCORM ? Tentons d’y répondre en envisageant les alternatives…

Alternative n° 1 : oublier les standards

La tentation est grande d’imaginer se passer des standards e-Learning, SCORM en tête. Principales motivations invoquées : c’est compliqué, contraignant et on ne voit pas trop ce que cela peut nous amener, l’essentiel étant de diffuser du contenu sous toutes ses formes.

Rappelons que SCORM reste aujourd’hui le seul moyen de tracer efficacement l’exploitation des contenus e-Learning et que cette traçabilité est essentielle, tant pour l’accompagnement des apprenants que pour l’évaluation de la qualité du dispositif pédagogique.

Si ces 2 aspects ne vous intéressent pas et que vous considérez que votre rôle est de pousser des contenus sans vous préoccuper de ce qu’ils deviennent, alors vous pouvez oublier SCORM.

Alternative n°2 : passer directement à xAPI (TinCan)

Il est légitime de se poser cette question afin de ne pas risquer d’investir à perte dans un standard en fin de vie.

Rassurez-vous, SCORM n’est pas encore en fin de vie. Ca viendra, mais chaque chose en son temps. xAPI reste un standard en construction dont l’adoption reste complexe et lente. Pour le moment, xAPI peut être vu comme un complément innovant, mais pas comme le remplaçant de SCORM.

Par conséquent, en dehors de besoins spécifiques non couverts par SCORM, vous pouvez continuer à utiliser SCORM. Des solutions de migration automatique pourront d’ailleurs être imaginées le temps venu.

Conclusion

SCORM reste plus que jamais d’actualité. Continuez à l’imposer dans vos cahiers des charges. Mais attention : précisez votre intention et définissez les contours de son application. En d’autres termes, faites en un usage ciblé et « intelligent ».

Faut-il toujours se conformer à SCORM ?

AICC et SCORM répondent-ils aux besoins de vos tests en-ligne ?

Lorsque vous réalisez des tests en-ligne, vous pouvez opter pour un développement conforme aux standards AICC et SCORM (de nombreux outils le permettent) ou bien utiliser les fonctions intégrées de votre plateforme. Ce choix a des conséquences sur le reporting, la sécurité et la pérennité de vos tests…

Suivi basique

Si vos tests ne nécessitent pas un reporting poussé et qu’un score général vous suffit, alors AICC et SCORM devraient vous satisfaire.

La plupart des outils de développement de test le permettent et tous les LMS conformes savent rendre compte d’un score.

Suivi statistique

Si vous souhaitez établir des statistiques sur les réponses aux questions de vos tests (ex. « Pourcentage de bonnes réponses pour une question, tous utilisateurs confondus »), les choses se compliquent.

AICC et SCORM ont prévu cette possibilité en traçant les réponses fournies par les utilisateurs, question par question (on parle d' »interactions » dans le jargon SCORM). Reste à trouver des outils de développement de test qui remontent ces informations au LMS (il y en a). Mais il faut aussi que votre LMS propose ce genre de rapport, ce qui est loin d’être une généralité.

Suivi tuteuré

Si le but de votre reporting est de permettre un meilleur suivi des apprenants (ex. « Voir ce que tel élève a répondu »), alors on commence à toucher aux limites d’AICC et SCORM.

En effet, si AICC et SCORM ont prévu un suivi des réponses fournies par l’apprenant, ils ont fait l’impasse sur la visualisation des résultats, considérant à tord que cela incombait exclusivement au LMS.

Exemple #1 : QCM

Voici le rapport d’un simple QCM, tel qu’il est affiché par la plupart des LMS. L’information est bien présente, mais il faut bien reconnaître qu’elle est difficile à exploiter par un tuteur. Les énoncés et les intitulés des réponses n’apparaissent pas. Certes, SCORM 2004 a amélioré cet aspect mais le résultat n’est toujours pas à la hauteur.

Exemple #2 : questions interactives

Imaginons maintenant un type de question consistant à localiser des points sur une image par simples clics (ex. « Localiser les principales villes sur une carte de France sur une carte »). Le LMS enregistre les coordonnées (X,Y) cliquées par l’apprenant et les indique dans ses rapports. Mais là encore, afficher des paires de valeurs X,Y n’est pas vraiment utile à un tuteur. Une image indiquant les positions cliquées aurait été appréciées, ce que ne permet pas SCORM.

Examens

Si vos tests ont pour but de sanctionner les apprenants (cas des examens), alors il faut savoir une chose. Les tests AICC et SCORM qui s’exécutent dans votre navigateur transmettent au LMS non seulement les réponses fournies par l’élève, mais aussi les bonnes réponses à chaque question.

Un apprenant mal intentionné, qui aurait quelques capacités informatiques et qui agirait sans surveillance, pourrait ainsi découvrir les bonnes réponses. AICC et SCORM ne constituent ainsi pas une solution sécurisée pour vos examens.

Alternatives

La première alternative consiste à utiliser les fonctions d’évaluation de votre LMS (ou de toute autre plateforme spécialisée dans les tests), à condition bien sûr qu’elles répondent à vos besoins fonctionnels et qu’elles permettent de générer des rapports explicites.

Se pose alors la question de la pérennité de vos tests en cas de changement de plateforme. Une solution théorique consiste à respecter le standard « IMS Questions & Tests (QTI) ». Je dis théorique car dans la pratique, un test QTI issu d’une plateforme n’a pas nécessairement le même rendu sur une autre plateforme.

Conclusion

AICC et SCORM répondent-ils aux besoins de vos tests en ligne ?

Réponse : ça dépend…

  • Suivi basique : OUI
  • Suivi statistique : OUI (mais attention aux outils et au LMS)
  • Suivi tuteuré : NON (lacunes de restitution des réponses)
  • Examens : NON (lacunes de sécurité)
AICC et SCORM répondent-ils aux besoins de vos tests en-ligne ?

Quel standard choisir pour son projet e-Learning ?

AICC, SCORM 1.2, SCORM 2004 : 3 standards qui traitent des mêmes problématiques. Et pourtant, l’un n’a pas remplacé l’autre. Les trois continuent à coexister alors qu’un nouveau standard est en préparation. Dès lors, quel standard doit-on adopter pour son projet e-Learning ?

Choisir le plus flexible

Des 3 standards, l’AICC a été le précurseur. Né en 1993, il répondait à l’origine à des problématiques de déploiement offline, puis a été complété par 2 techniques onlines avec l’essor du Web. Cela laisse aujourd’hui 3 options de mise en œuvre à ceux qui souhaitent adopter ce standard.

AICC est principalement choisi pour des raisons techniques car il offre des options de déploiement que SCORM ne couvre pas.

Choisir le plus populaire

SCORM 1.2 a su simplifier et compléter les apports de l’AICC pour aboutir à un standard simple, aux contours bien définis. Résultat : une adoption rapide et généralisée par l’ensemble des acteurs du marché, ce qui en fait un standard à ce jour non détrôné.

Lorsque l’on développe des contenus et que l’on ne connait pas la plateforme cible, SCORM 1.2 est généralement choisi pour garantir la plus large compatibilité possible.

Choisir le plus récent

8 ans déjà que SCORM 2004 à vu le jour. Et pourtant, il s’agit bien du dernier en vigueur, apportant des clarifications ainsi que de nouvelles fonctionnalités. Malheureusement, il n’a pas connu le succès fulgurant de son grand frère (SCORM 1.2) car jugé trop complexe par de nombreux acteurs du marché. SCORM 2004 reste ainsi partiellement implémenté par de nombreux éditeurs.

SCORM 2004 est le plus souvent choisi par souci d’appliquer le standard dernier cri, à condition d’être sûr de la conformité de la plateforme adoptée. Les plus courageux choisissent SCORM 2004 pour bénéficier de ses apports fonctionnels (navigation & séquencement).

Choisir le plus prometteur

SCORM 2004 reste le dernier standard officiellement en vigueur, mais son successeur est en préparation. Il s’agit de « Tin Can », aussi appelé « Experience API » (ou xAPI), édité par ADL, l’organisme à l’origine de SCORM. Des discutions sont actuellement en cours avec l’AICC pour une approche unifiée, mais on peut s’attendre à une sortie officielle en 2013.

Experience API (Tin Can) promet des applications jusqu’ici non couvertes par SCORM : déploiement hors-navigateur et sur mobile, suivi de l’apprentissage informel, etc. Si ces thèmes vous concernent, explorez Tin Can.

Conclusion

[quote]Quel standard choisir pour son projet e-Learning ?[/quote]

4 solutions s’offrent à vous, en fonction de vos objectifs et de vos contraintes :

  • AICC pour sa flexibilité technique
  • SCORM 1.2 pour son universalité
  • SCORM 2004 pour ses fonctionnalités ou simplement pour être à jour
  • Tin Can pour innover
Quel standard choisir pour son projet e-Learning ?

SCORM 2004 : quel bilan après 8 ans d’existence ?

8 ans déjà depuis la dernière mouture du principal standard e-Learning ! Certes,  il y a eu quelques évolutions mineures (4 éditions) mais rien de révolutionnaire depuis. Cela a laissé le temps aux éditeurs et producteurs de se familiariser avec SCORM 2004 et d’en définir les usages réels. Petit bilan…

Les bons cotés

SCORM 2004 a eu le mérite de clarifier certains aspects de son prédécesseur, SCORM 1.2.

L’exemple le plus connu est la gestion du « statut ». Avec SCORM 1.2, un seul « statut » permettait de renseigner la « complétion » d’un module (« Non commencé », « En cours », « Terminé ») et sa « réussite » (« Réussi » ou « Echoué »). SCORM 2004 permet de distinguer ces 2 notions et autorise donc des combinaisons. Ainsi, un test peut être réussi (score suffisant) bien que non achevé (peut-être par manque de temps).

A noter également l’ajout d’une notion de progression sous forme de pourcentage, l’adoption des méta-données LOM (un standard de l’IEEE) et diverses corrections de syntaxe.

Une adoption longue et incomplète !

A ces clarifications s’ajoutent de nouvelles fonctionnalités. Ainsi, la notion de pré-requis de SCORM 1.2 (issue de l’AICC) est remplacée par un système de « Séquencement & Navigation » (S&N).

Un système complexe, trop complexe, et obligatoire pour qu’un LMS puisse affirmer être conforme à SCORM 2004 !

Cette complexité a découragé plus d’un éditeur. Certains annoncent être conformes alors qu’ils ne le sont que partiellement. D’autres, plus méritants, ont travaillé dur pour se conformer, mais leurs efforts ne se voient pas récompensés car les usages ne suivent pas.

Des usages trop théoriques

Le système de « Séquencement & Navigation » permet au producteur de contenu d’imaginer des schémas de progression au sein d’un parcours, en fonction de divers événements (ex. résultats d’un test, actions de l’utilisateur, etc.). Ces schémas, formalisés dans un document XML, sont interprétés par le LMS qui gère les IHM de navigation ainsi que la logique de progression dans le parcours.

En théorie donc, il s’agit d’un projet ambitieux…

Un retour à la réalité

En pratique, ce système pose de nombreuses difficultés :

  • Un manque d’outils simples à utiliser, car aucun outil n’est parvenu à gommer la complexité des concepts sous-jacents à S&N.
  • Un mélange des rôles : en confiant la gestion des IHM de navigation au LMS, on nie une prérogative des auteurs de contenus, soucieux d’offrir leurs propres IHM et d’en contrôler l’ergonomie.
  • Une erreur pédagogique : en considérant que le concepteur imagine les réactions de l’apprenant et fixe les règles de progression, on nie la diversité des situations et la capacité de l’apprenant à s’orienter par lui-même. Orienter l’utilisateur vaut mieux que le contraindre.
  • Une erreur conceptuelle : en considérant que les parcours pédagogiques ne sont qu’une succession de contenus, on oublie les autres types d’activités, notamment collaboratives. L’heure est au « Blended Learning » et les éditeurs de LMS l’ont bien compris.

Conclusion

SCORM 2004 : quel bilan après 8 ans d’existence ?

SCORM 2004 est sous-exploité. Lorsque SCORM 1.2 ne lui est pas préféré, ce sont les fonctions qui existaient déjà dans SCORM 1.2 qui sont principalement utilisées. A tel point qu’ADL (l’organisme qui a développé SCORM) a convenu de la mise au placard des fonctions de séquencement dans les prochaines versions de SCORM.

Pour être un brin provocateur, je résumerais donc les choses ainsi :

Ce qu’il y a de mieux dans SCORM 2004, c’est SCORM 1.2 !

SCORM 2004 : quel bilan après 8 ans d’existence ?